Home » Actualité

Actualité 5 sept 2008

« Nous entrons dans l’ultime phase de la réforme de l’Etat »

Charles Picqué trace les contours de la Belgique de demain. Une chose est sûre : Il faudra compter avec Bruxelles.

Interrogé par V. Lamquin dans le journal Le Soir (3/09/2008) le Ministre-Président est apparu plus déterminé que jamais pour défendre Bruxelles et les Bruxellois.

En effet, Charles Picqué relève que « cet entêtement à nier l’existence de Bruxelles [lui] fait croire qu’il y a un effet de précipitation et d’accélération dans la stratégie de certains Flamands qui, à travers la disparition de Bruxelles du champ politique, préfigure une structure confédérale à deux ».
Il déclare être aujourd’hui persuadé que la détermination de certains Flamands d’aller vers le confédéralisme démontre plus que jamais qu’ on est entré aujourd’hui » dans l’ultime phase de la réforme de l’état, »

Mais, prévient-il « Si on est convaincu qu’on parle de la phase ultime de la réforme et que les Flamands ne veulent pas tenir compte de l’existence de la troisème Région, ils doivent en tirer les conséquences » Et de citer parmi d’autres hypothèses celle de renoncer à Bruxelles et partent seuls ».
Le Ministre-Président souligne que pour l’avenir il est fondamental de tisser des coopérations : « Tout le monde a besoin de tout le monde. Il faut craindre une Belgique où tout le monde irait bouder dans son coin….sans souci de travailler et collaborer ensemble » précisant que l’on serait alors « dans un scénario de rupture dont les formes sont imprévisibles. »

Il ajoute qu’ « il faut dire à la Flandre : Si vous décidez de partir, vous ne partirez pas avec Bruxelles. Mais il faudra créer des liens coopératifs forts. » Il insiste sur la dynamique positive qu’il y aurait en disant « que de grandes réformes s’annoncent qui vont dans le sens d’un démantèlement de l’Etat. Mais dans le même temps, il faut qu’un groupe de négociateurs se penche sur la manière de travailler ensemble dans certains domaines » et rappelle les risques « sécessionnistes et d’indépendance » encourus « si on démantèle sans penser à la coopération. »
A la question de savoir si le confédéralisme est inéluctable, Charles Picqué répond que « croire qu’on peut passer par des réformettes et que suivra une longue période de pacification communautaire relève du rêve. …Si on ne négocie pas la grande réforme, on risque de se retrouver dans un processus que rien n’amortira parce qu’il ne restera plus d’expression suffisante du vivre-ensemble. Il y a beaucoup plus de risque à refuser une réforme de l’Etat qu’à l’accepter. »


Charles Picqué lance enfin un appel aux citoyens « Au cas où la déraison l’emporterait chez certains Flamands, et qu’ils s’acharneraient à nier l’existence de Bruxelles » refusant de porter seul la voix de la Capitale. Il insiste : « Le débat institutionnel doit sortir de l’enceinte politique. C’est un débat auquel les citoyens doivent s’associer; il y va de leur vie quotidienne. »