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Actualité, Le fil..., à la une 19 mar 2009

Décret mixité: il faut prendre en compte les spécificités bruxelloises

Le ministre-président bruxellois Charles Picqué a proposé à son collègue de l’Enseignement obligatoire en Communauté française, Christian Dupont, de laisser la possibilité aux directions des écoles les plus concernées par la « bulle » des inscriptions multiples d’ouvrir 5 % de places en plus.

C’est en effet à Bruxelles et en Brabant wallon que se pose de manière la plus aiguë le problème des inscriptions multiples en première secondaire, né de la crainte de parents que leur enfant ne figure pas en ordre utile dans l’école de leur choix, à l’issue des tirages au sort prévus par le décret Mixité.

Dans un entretien accordé au Soir ce mercredi 19 mars, Charles Picqué s’explique et fait entendre la voix des Bruxellois, de loin les plus concernés par les questions de mixité sociale.

“On ne peut isoler l’école de son contexte socio-économique”, dit Charles Picqué, ajoutant qu’il y a une spécificité bruxelloise. “Les jeunes y sont proportionnellement plus nombreux, sous l’effet de la démographie et des primo-arrivants, et la dualisation sociale y est plus forte qu’ailleurs”.

Pour lutter contre ce fléau, il faut d’abord faire partager les objectifs de mixité sociale par tous les acteurs concernés par l’école ( directions d’école, associations de parents, pouvoirs organisateurs, etc…), ce qui implique une large concertation préalable, qui a peut-être manqué, estime-t-il.

Et le Ministre-Président de regretter la mauvaise communication qu’il y a eu autour de ce décret: « Il faut arrêter de culpabiliser les parents, leur aspiration à placer leurs enfants dans de bonnes écoles est légitime. Ils ne sont pas les dépositaires de la mission de justice sociale. C’est le rôle des pouvoirs publics”

A Bruxelles, le déséquilibre est trop grand pour que le principe d’une régulation directive comme le prévoit le décret puisse aboutir sans casse.

Pour Charles Picqué, on a sans doute mis la charrue avant les boeufs: « Il aurait fallu commencer par injecter des moyens supplémentaires” dans les écoles des quartiers en difficulté. “Comme le propose le décret sur l’encadrement différencié, qui aurait dû être mis en oeuvre plus tôt. Selon nos calculs, 40 à 45pc des écoles qui en bénéficieront sont à Bruxelles, qui ne scolarise pourtant que le quart des élèves de la Communauté française”,

Et la suite? Pour Charles Picqué, il faut maintenant réunir tous les acteurs concernés pour élaborer un système qui recueille la plus large adhésion possible.

Enfin, Charles Picqué plaide pour que les spécificités de la Région de Bruxelles-Capitale soient désormais mieux prises en compte: il faut “mettre la Région bruxelloise en position de devenir partenaire du projet éducatif, via un accord de coopération avec la Communauté et en partenariat entre tous les réseaux”.