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Le fil..., Politique général, à la une 18 jan 2012

Débat Wallonie-Bruxelles: Charles Picqué veut calmer le jeu

En réaction aux propos tenus ces derniers jours dans la presse sur le plan W, le Ministre-Président, Charles Picqué s’est exprimé ce matin dans les pages du journal Le Soir.

Interrogé par Véronique Lamquin, Charles Picqué siffle la fin de la récréation et estime « qu’il faut cesser ce jeu de massacre nuisible pour tout le monde ». Selon lui, le moment est particulièrement mal choisi pour évoquer ce scénario, « le PS ne peut pas à la fois répondre aux problèmes socioéconomiques et se diviser sur le plan institutionnel alors que, justement, il était sorti de la crise avec l’image d’un parti responsable ».

Concernant la formule de Jean-Claude Marcourt de « déconstruction-reconstruction de la Fédération Wallonie-Bruxelles », Charles Picqué répond :

« Mais on vient à peine de la mettre sur pied et tout d’un coup, tout de suite, au revoir ? Non, ça ne va pas, c’est suicidaire. Et c’est dommage que ce soit au PS que naisse ce contentieux. Je rappelle qu’on a créé la Fédération pour deux raisons : avoir une unité de vue vis-à-vis des Flamands ET rassurer les régionalistes wallons et bruxellois sur la primauté du fait régional. La Fédération, c’était un antidote contre la mauvaise humeur de certains Wallons et de certains Bruxellois qui ne se retrouvaient plus dans cette notion de communauté des francophones. Mais aujourd’hui, avec la réforme de l’Etat, Bruxelles s’est affirmée comme une troisième Région : le fait d’accueillir les compétences, le fait d’être refinancée, ce sont des preuves ! Pourquoi alors ouvrir maintenant laboîte de Pandore des vieux démons? Bruxellois et Wallons peuvent travailler ensemble ! »

Le Ministre-Président prône quant à lui un régionalisme coopératif:

« Selon moi, l’avenir de Bruxelles, qu’on le conçoive dans un cadre fédéral, confédéral, ou d’éclatement du pays, l’avenir donc, c’est la coopération, sur plan d’égalité, avec les Régions voisines. Un plan B pour Bruxelles qui serait isolationniste, une forme d’indépendance autoproclamée, ce ne serait pas un sauvetage. L’idée de Bruxelles contre le reste du monde, c’est très exaltant mais il faudra toujours composer avec les voisins. Et vous savez, si on n’a pas de lien avec notre hinterland, il n’y a pas d’avenir ici, hein, on est trop petits ! Vous avez vu comment cette ville est en train de se transformer ? On ne va pas dans le bon sens ! Si demain on bâtit des murailles autour de Bruxelles, on va avoir un vrai problème. On est une ville, on ne peut pas vivre en autarcie ! »

Enfin, Charles Picqué veut calmer les esprits:

« A Bruxelles, on a quatre grands défis. Un, accueillir les nouvelles compétences. Deux, réaménager nos compétences, entre Région et communes, c’est l’accord intrabruxellois. Trois, la mise en place de la communauté urbaine, dont nous sommes les seuls demandeurs, vu l’exiguïté de notre territoire. Quatre, nouer des liens coopératifs avec la Wallonie et la, Flandre. J’avais l’impression qu’on était dans une phase de digestion de la réforme. Ce qu’on a entendu ces derniers jours peut faire craindre qu’on veuille précipiter les choses. »