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!!, Actualité, Bruxelles / Brussel, non-classés, à la une 25 avr 2014

En campagne chez les patrons flamands…

Le 22 avril , j’étais invité par le Voka (le réseau d’entreprises flamand) aux côtés de candidats d’autres partis. Il s’agissait d’indiquer les priorités du PS en matière économique et d’emploi. Vous trouverez ci-dessous les grandes lignes de mon intervention.

La première priorité, et celle qui pour moi est essentielle, réside dans le renforcement de la cohésion sociale.

La question sociale et la question de la démocratie sont indissociables

Je suis ce que l’on appelle communément un social démocrate. Je crois profondément en l’économie et dans l’apport des entreprises. Mais l’économie n’est pas une fin en soi. Elle doit être l’instrument du progrès et du lien social. C’est le principe premier de la social-démocratie. C’est aussi le souci de la justice sociale qui préserve le mieux la planète car comment sensibiliser aux respects de l’environnement celui qui se débat avec sa propre survie?

Mais il y a plus. Les liens entre la démocratie et la question sociale sont fondamentaux.

L’ampleur de la crise a mis en lumière, sous les yeux du monde entier, les effets potentiellement catastrophiques du marché lorsqu’il est livré à lui-même. La responsabilité et l’exigence morale, supposées aller de pair avec la liberté revendiquée sont de plus en plus ignorées. Le goût du travail bien fait est remplacé par la soif d’argent. L’exigence d’une rentabilité à deux chiffres devient la norme usuelle, et débouche sur un cortège de fermetures d’usines et de licenciements. Les stratégies industrielles, faites d’investissements, de patience et d’anticipation, sont remplacées par l’urgence du gain maximal à court terme. Les inégalités explosent. Notre démocratie est d’abord menacée par la désespérance de l’exclusion, par la précarité, par le chacun pour soi.

La crise justifie d’autant plus l’investissement dans la cohésion sociale

A l’heure où la pression sur les finances publiques est forte, nous devons veiller à maintenir les politiques de proximité essentielles pour la cohésion de notre société.

La cohésion sociale est l’épine dorsale de la fonction régulatrice de l’autorité publique.

L’Etat a un rôle central à jouer dans la problématique de la régulation. Il doit plus que jamais assumer ses responsabilités d’arbitre de l’intérêt général, de garant de la justice sociale, de protecteur du bien social, d’acteur de la cohésion économique, sociale, territoriale et, enfin, de vecteur privilégié de l’accès aux biens publics.

C’est quand l’Etat joue ce rôle, que les entreprises peuvent prospérer. Les entreprises ont besoin que l’Etat investisse dans les transports, les soins de santé, l’enseignement, la sécurité sociale, tout ce qui constitue le socle de la cohésion sociale.

Il ne convient pas d’avoir un regard dogmatique sur le déficit public. Certes, il ne faut pas le laisser filer indéfiniment, mais ce qui importe c’est l’investissement public qui est réalisé au travers de ce déficit.

Une entreprise n’a jamais créé d’emploi et a fortiori de la prospérité sur un cimetière social.

La question que je me suis constamment posée dans ma carrière est celle-ci : comment, tout en tenant compte du système économique de marché, peut-on assurer un développement territorial équilibré, réduire les disparités sur les plans social, économique et environnemental, comment peut-on renforcer la cohésion sociale et encourager un espace porteur de mixité et de solidarité entre individus qui le partagent ?

On ne gagnera la bataille de l’emploi et la lutte contre les exclusions que si les entreprises et l’Etat travaillent ensemble car leurs objectifs sont communs sur bien des plans.

L’entreprise s’engage sur les marchés, elle crée des emplois et développe du lien social.

L’Etat investit, protège, redistribue et assure la cohésion sociale.