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Actualité, Le fil..., Politique général, à la une 7 mai 2010

Discours du 1er mai

charles_4790

Camarades,

Voilà un 1er mai où on ne manque pas de sujets de mobilisation :

de l’échec désormais prouvé des doctrines néo-libérales ;
des dégâts sociaux de la crise économique et financière ;
de la voracité de certains dirigeants d’entreprise et leurs bonus ;
de cynisme des spéculateurs qui ont le pouvoir d’enfoncer un pays, la Grèce, dans la dépression profonde ;

Bref, un Premier Mai qui sent comme le dit Martine Aubry le « réarmement des idées ».

Mais voilà que l’institutionnel s’invite une fois de plus au Premier Mai .

J’aurais bien aimé vous parler de tous ces salariés qui malgré effort et travail doivent vivre avec des salaires de plus en plus incapables de leur assurer une vie digne.

Vous dire combien nous devons tout mettre en œuvre pour faire de ce Premier Mai un moment de réflexion consacré à la promotion de l’éducation, de la culture de la critique d’une société de consommation qui dénature de plus en plus l’idée du vrai bonheur.

Vous parler de grands principes et de l’action qui doit en découler.

Vous parler des inégalités croissantes, du droit à la santé, au logement.

Et voilà que je ne peux échapper à BHV !

BHV à la fête du travail !

J’aurais voulu vous expliquer pourquoi il faut maintenir à tout prix cette référence au travail dans cette fête du socialisme. Le travail au sens large, pas seulement de ceux qui ont un emploi, mais de tous ceux qui par les activités rémunérées ou non, leur créativité, leur engagement concret, participent au mouvement de notre société au lieu de se contenter d’être des consommateurs passifs et conditionnés, attentistes …

Et bien non, il faut parler de BHV.

Mais alors, de grâce, abordons toute la signification de BHV et de ce moment crucial de notre histoire politique .

Derrière la circulaire Peeters, la désignation d’un bourgmestre, un arrondissement judiciaire une circonscriptions électorale, etc… , il y a tout simplement 2 enjeux dans lesquels on peut voir toute l’ importance de BHV:
1 er principe: le respect mutuel des identités culturelles
2 ème principe: la légitimité d’une délimitation territoriale

BHV est une affaire de frontière et de conflit identitaire.

Ce n’est pas un si petit problème.

Les flamingants l’ont bien compris: à leurs yeux, la solution à BHV préfigure l’avenir et constitue une étape vers l’intégrité identitaire et territoriale de la Flandre et concerne le sort futur de Bruxelles.

Nous, on se serait bien passé du problème de BHV qui pourrait rester comme il est, mais à partir du moment où on nous impose BHV au menu , on voudrait au moins choisir la sauce qui l’accompagne

Et ce qui est irritant, c’est d’être emporté par la critique générale du politique. Ce ne sont pas les socialistes bruxellois qui ont voulu ce conflit !.

Hier dans l’Echo, je lis en grand titre: « les chefs d’entreprises sévères avec les politiques ».

Le représentant d’Agoria juge BHV un détail, il juge les gouvernants du pays irresponsables et espère que le virus politique n’aura pas d’effet sur les partenaires sociaux .

Cet autre patron qui dit que les désaccords ne sont pas linguistiques mais portent sur des conceptions différentes de l’argent, des pensions, de la sécirité sociale, etc…

L’autre patron, bruxellois, ex n1 de la FEB, dit que si on donne plus d’autonomie aux Régions, on va compliquer la vie des entreprises .

Dans l’article à côté , le Président du VOKA ( flamand donc), de dire qu’il faut la pacification, et pour ça, il faut renforcer le pouvoir des Régions au niveau du marché du travail , de la fiscalité, etc …

A part ça, il n’y a que le politique qui est divisé !

Dans le courrier des lecteurs francophones, il est assez courant de renvoyer dos à dos tous les politiques, tous responsables de cette crise.

Que veulent-ils dire ? Qu’il faut céder totalement au nom du bon sens et du souci de pacification .

Cela veut dire quoi ? Sauver provisoirement le pays en perdant Bruxelles. Comment ignorer que renoncer à Bruxelles, c’est consacrer la fin d’une Belgique, devenue une Belgique à 2 et en même temps bafouer les droits des Bruxellois.

Non, le cœur du problème est qu’il existe en Flandre un nombre croissant de gens qui allument régulièrement des feux communautaires , en appelant à des réformes et en chauffant l’opinion (le dernier en date: « la Flandre est menacée de « wallonisation » .)

Il reste des politiques favorables au dialogue à Bruxelles, notamment et je m’en réjouis. Mais l’opinion en Flandre est de plus en plus en phase avec les politiques les plus radicaux.

D’où la grande question: où allons-nous ?

Il y a 3 socles nécessaires à une destinée commune et un vivre-ensemble belge.

-la solidarité ( via essentiellement la sécurité sociale)
-le respect mutuel des identités culturelles et linguistiques ( facilités, respect des minorités à Bruxelles et dans la périphérie, etc…)
-la survie et le bon fonctionnement de la 3ème Région ( capitale du pays, de la Flandre, de la Communauté française ), à la fois atout commun sur le plan économique et symbole de la coexistence.

Or, si la scission de BHV peut attendre ( en quoi cela affecte-t-il la situation sociale et le pouvoir d’achat des gens, le développement, économique du pays), Bruxelles ne peut plus attendre un juste et légitime refinancement : démographie, sécurité, services à la population, rôle international, …

Et si nous ne sommes pas capables de nous mettre d’accord sur le refinancement de la capitale favorable à tout le pays et qui n’est pas un pas un problème linguistique, comment espérer obtenir un accord équilibré sur le reste ?

A moins que BHV ne soit que la partie visible de l’iceberg qui ait aussi Bruxelles pour enjeu.

Il faut savoir que Bruxelles sera difficilement pacifiable tant que la périphérie sera la source de tensions communautaires. Mais surtout je crois que BHV est un dossier qui concerne certes les abords de Bruxelles mais aussi Bruxelles.

Bruxelles qui peut craindre aujourd’hui :

un blocage institutionnel
ex: pas de solution pour le cadre linguistique et la loi sur l’usage des langues
le non-financement possible des commissions communautaires,

un étranglement financier, et toute la question sociale qui en découle, mais aussi le sous- investissement d’une capitale internationale.
Personne aujourd’hui ne peut invoquer l’ignorance de cette situation (OCDE, note Octopus)

un enfermement géographique : comment éviter une conception et une stratégie de développement périphérique contraire aux intérêts bruxellois ( gestion de la mobilité, du ring, etc…)

un enfermement sociologique par des mesures rendant impossible la dilatation naturelle et démographique de la ville du fait de la résistance à accueillir certaines populations.

Le vrai test, la vraie évaluation des chances de survie du pays, c’est donc bien le sort fait à Bruxelles. Ne pas respecter Bruxelles et donc le symbole de notre pays, c’est signer clairement l’arrêt de mort programmé du pays.

Et quel crédit donner au fédéralisme de coopération si on est incapable de valoriser un atout commun comme Bruxelles ?

Et nous sommes face à certains en Flandre sans aucun égard pour notre population bruxelloise et surtout à l’égard de la frange la plus fragile.

Qu’importe à ce Bart Maddens, politologue à Leuven, l’appauvrissement programmé de la capitale, qu’il a érigé en doctrine . Partant du principe que la Belgique est devenue compliquée du fait de réformes institutionnelles ( que des gens comme lui ont voulues ! ), il faut selon lui un confédéralisme ! Soit ! Mais quel confédéralisme ? À deux bien sûr !
« Deux états souverains établissant un traité disant notamment comment Bruxelles doit être géré ».

En tout cas, face à la doctrine Maddens d’étranglement et d’encerclement, nous opposerons la tactique de la patelle, ce coquillage marin de forme conique ( d’où son nom de chapeau chinois) qui a un pied ventral puissant s’attachant aux rochers, résistant à la tempête, et qui sait rester au sec un long moment.

Mais trêve de plaisanterie ! Elio, Philippe et Laurette se sont bien battus pendant ces négociations

Défendons Bruxelles pour défendre notre population de l’injustice. Une population qui ne peut être l’otage des hystéries communautaires !